Lors de la plénière du jeudi 11 juin 2026 à l’Assemblée nationale, consacrée à l’examen de la loi de finances rectificative de l’exercice 2026, le député national Patrick Matata Makalamba a livré une analyse rigoureuse. L’élu a articulé son plaidoyer autour de trois axes majeurs : la mobilisation optimale des ressources publiques, le développement du capital humain et l’efficacité des programmes de développement.
Dès l’entame de son intervention, le député a salué l’initiative du Gouvernement de présenter un budget rectificatif, une démarche qu’il jugeait indispensable pour intégrer les nouveaux cadrages budgétaires. Cependant, pour Patrick Matata Makalamba, cette ajustement technique doit s’accompagner d’une vision audacieuse.
Rationaliser pour mieux financer
Le constat est sans appel : le niveau actuel des ressources publiques est largement en deçà des défis de développement du pays. Face à cette réalité, l’élu préconise une accélération de la rationalisation de la parafiscalité. L’objectif est clair : mettre fin à la dispersion des fonds dans une multitude de budgets annexes, établissements publics et comptes spéciaux.
Selon M. Matata Makalamba, cette réforme permettrait de dégager des marges de manœuvre financières cruciales pour créer des outils de développement robustes, tels qu’une caisse de dépôt et de consignation ou des fonds d’investissement dédiés aux infrastructures structurantes. L’enjeu est de taille : connecter enfin les provinces et territoires entre eux, une condition sine qua non pour l’unité et la croissance économique nationale. « Nous aurons toujours un pays dont les provinces et les territoires ne sont pas connectés » sans une politique volontariste d’infrastructures, a-t-il alerté.
L’humain, moteur de la transformation
Pour l’élu de Kisangani, le développement ne peut être l’apanage exclusif de l’État. Il prône un sursaut national : « Le Gouvernement ne peut pas développer ce pays seul. Il nous faut réveiller la population congolaise et la remettre au travail. » Au cœur de cette stratégie se trouve la formation professionnelle. Le député a plaidé pour un maillage territorial de centres de formation, prenant l’exemple historique de Kisangani, et déplorant l’oubli de certaines provinces, comme le Maï-Ndombe, dans les programmes actuels. Il a également insisté sur la nécessité d’adapter le cursus aux exigences du XXIe siècle, en formant davantage d’ingénieurs et en investissant dans des filières stratégiques comme l’intelligence artificielle.
Efficacité du PDL-145T et reconnaissance des élites
Revenant sur le Programme de Développement Local des 145 Territoires (PDL-145T), Patrick Matata Makalamba a appelé à une révision des critères de répartition des ressources. Il suggère une approche plus nuancée, tenant compte des besoins spécifiques et des niveaux d’exécution inégaux d’un territoire à l’autre.
Enfin, le député a attiré l’attention sur le rôle fondamental des professeurs d’université. Il a invité le Gouvernement à honorer ses engagements vis-à-vis du corps professoral, soulignant que sans une prise en charge adéquate et une valorisation des acteurs de l’enseignement supérieur, les réformes structurelles risquent de manquer de leur moteur intellectuel indispensable.
Par cette intervention, le PhD Patrick Matata Makalamba marque sa volonté de voir le budget de l’État passer d’un simple exercice comptable à un véritable levier de transformation structurelle et humaine pour la République démocratique du Congo.






