Au cœur des débats passionnés qui animent actuellement le Parlement congolais autour du projet de loi sur le référendum, le député national Patrick Matata Makalamba est monté au créneau. L’élu de Kisangani et haut cadre de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) a vigoureusement défendu la recevabilité du texte, appelant ses collègues à ne pas faire obstacle à la volonté du peuple.
Dès l’entame de son intervention, Patrick Matata Makalamba a replacé le débat dans son contexte historique, qualifiant certaines restrictions héritées des anciens compromis politiques de reliques d’une époque révolue.
« Le dialogue entre les Congolais avait voulu cela ainsi. C’est une tyrannie du passé qui ne doit pas se répéter chez nous », a-t-il affirmé.
Pour l’élu de la Tshopo, le cadre législatif actuel ne doit pas être un carcan qui empêche l’évolution démocratique du pays, surtout si cette évolution émane d’une demande sociale.
Le référendum comme outil de décision suprême
Le point d’orgue de son argumentation a porté sur la question de la durée et du nombre de mandats présidentiels, des sujets qui cristallisent les tensions entre la majorité et l’opposition. Matata Makalamba a interrogé la légitimité du Parlement à bloquer ces réformes avant même qu’elles ne soient soumises aux citoyens.
Souveraineté populaire : Le député estime que le législateur ne doit pas avoir « peur » de consulter la base.
Arbitrage final : Selon lui, si le peuple souhaite modifier la structure des mandats via un référendum, il appartient au « souverain primaire » de trancher en dernier ressort.
Une procédure en deux étapes : Experts et Commission
Sur l’aspect technique, le cadre de l’UDPS a salué la mise en place d’une équipe d’experts chargée de réfléchir à la révision constitutionnelle. Il propose une feuille de route claire pour la suite des événements :
1. Enrichissement en commission : Il a spécifiquement désigné les articles 87, 88 et 89 comme devant faire l’objet d’un examen approfondi et d’un enrichissement technique.
2. Rôle du Parlement : Une fois les éléments pertinents réunis, le Parlement se chargerait d’examiner le projet de loi avant sa soumission au référendum.
Dans son plaidoyer, Patrick Matata Makalamba a réitéré son soutien total au projet de loi, le jugeant « très pertinent » et appelant à sa recevabilité immédiate pour permettre la poursuite des travaux en commission. Cette intervention marque une étape clé pour la majorité présidentielle, qui semble désormais résolue à ouvrir la voie à une consultation populaire sur les fondamentaux de la Constitution de 2006.






