La récente décision du Ministère de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Technique (EPST) autorisant le maintien des filles enceintes dans les écoles continue de susciter des vives réactions. Cette décision est accueillie avec un soutien marqué par Christine Folo, experte en communication pour le changement social et ardente défenseuse des droits des femmes.
Cette décision, qui vise à garantir la continuité de l’éducation pour toutes les jeunes filles, est considérée par Mme Folo comme une avancée cruciale pour l’avenir des femmes en République Démocratique du Congo.
« Maintenir les filles à l’école, c’est garantir leur avenir. Nous devons tous le savoir », a affirmé Christine Folo sur X. Pour elle, cette mesure reconnaît une réalité fondamentale. « Une fille enceinte reste une fille avec des passions, des rêves et des ambitions. La grossesse ne devrait pas être un frein à son avenir. »
Folo, forte de ses nombreuses expériences sur le terrain au sein des communautés congolaises, met en lumière des aspects souvent méconnus par ceux qui s’opposent à cette circulaire.
« J’ai eu l’opportunité de faire plus de terrain dans nos communautés, et je vous assure que sur le terrain, il y a plusieurs réalités que beaucoup, parmi ceux qui sont contre cette décision, ne connaissent pas », a-t-elle expliqué.
Elle souligne notamment la problématique de l’éducation sexuelle et reproductive. « De nombreuses adolescentes tombent enceintes non pas par choix, mais à cause d’un manque cruel d’éducation en matière de santé sexuelle et reproductive« , précise Mme Folo. Elle insiste sur le fait que « le silence, les tabous familiaux et l’absence d’information exposent nos filles à des risques, dont les grossesses non désirées. »
Et d’ajouter : Cette décision devrait être l’occasion pour les parents de prendre leurs responsabilités en éduquant leurs enfants sur les questions de santé sexuelle et reproductive, en brisant les tabous et en combattant les stéréotypes. Aujourd’hui, avec l’évolution de la technologie, les jeunes filles ont facilement accès à toutes sortes d’informations sur Internet et dans leurs communautés, malheureusement souvent fausses. En les éduquant, cela épargnerait à plusieurs des grossesses précoces.
« Enseignons à nos petites sœurs comme à nos frères les valeurs de l’égalité des genres. Ils doivent comprendre qu’ils peuvent avoir les mêmes opportunités, les mêmes compétences et les mêmes rêves », a-t-elle conclu.
Pour Christine Folo, la circulaire du Ministère de l’EPST ne se contente pas de corriger une injustice ; elle offre une opportunité de briser le cycle de la pauvreté et de l’exclusion. En permettant aux jeunes mères de poursuivre leur scolarité, la RDC investit dans le capital humain féminin et s’assure que ces jeunes femmes pourront contribuer pleinement au développement de la société.
Cette décision, au-delà de son aspect éducatif, est un puissant message social. Elle déstigmatise la grossesse en milieu scolaire et encourage une approche plus humaine et compréhensive envers les adolescentes confrontées à cette situation. Christine Folo appelle ainsi à un soutien collectif pour l’application effective de cette circulaire, afin de garantir que chaque fille congolaise ait la chance de réaliser son plein potentiel, indépendamment des obstacles rencontrés.






