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DÉMOLITIONS, HABITAT ET INFRASTRUCTURES : LA VISION STRUCTURANTE DE GEORGES-WERBER BATOA

La rédaction par La rédaction
21 février 2026
dans Société
Temps de lecture : 7 mins de lecture
DÉMOLITIONS, HABITAT ET INFRASTRUCTURES : LA VISION STRUCTURANTE DE GEORGES-WERBER BATOA
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Une tribune de Georges-Werber Batoa, ancien Ministre Provincial de l’Aménagement du Territoire et des Infrastructures de la Province Orientale

L’actualité récente des démolitions à Kinshasa révèle les failles structurelles d’un système qui a abandonné sa mission première : servir l’humain. Entre responsabilités abdiquées et solutions improvisées, cette analyse sans concession interroge notre capacité collective à bâtir des villes dignes de ce nom.

I. LA QUESTION DE LA RESPONSABILITÉ : QUAND L’ÉTAT ÉCHOUE À SES MISSIONS RÉGALIENNES

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Les constructions anarchiques qui défigurent nos villes ne sont nullement le fruit du hasard. Elles constituent l’expression la plus visible de la faillite systémique de l’administration publique chargée de réguler les occupations du sol. L’Urbanisme, ce pilier fondamental de toute gouvernance territoriale moderne, a été progressivement vidé de sa substance, déstructuré, rendu impotent.

Cette dérive trouve également ses racines dans l’absence criante d’un projet d’habitat de grande envergure, capable d’offrir des solutions de logement décentes aux populations. Si les autorités déployaient la même énergie pour traquer les détournements massifs de deniers publics que pour orchestrer des opérations spectaculaires de démolition, l’État disposerait alors des moyens financiers nécessaires pour gérer efficacement le secteur de l’Urbanisme et développer des programmes ambitieux de logements sociaux.

Une telle approche préventive rendrait marginales, voire inexistantes, les occupations anarchiques du sol. Dans un tel contexte, démolir deviendrait légitime, car l’État ne jetterait pas ses citoyens dans la rue comme c’est tristement le cas aujourd’hui. La brutalité actuelle des opérations révèle une vérité gênante : on punit les symptômes d’un mal que l’on a soi-même créé par négligence institutionnelle.

II. SQUATTERS, SANS-ABRI ET COMMERÇANTS DE RUE : L’HUMANITÉ SACRIFIÉE SUR L’AUTEL DE L’AUTORITARISME

Dans les nations qui se respectent et respectent leurs citoyens, on ne mobilise pas la police armée de matraques pour bastonner, chasser et détruire les maigres biens des squatters, des sans-domiciles fixes et des modestes commerçantes de rue, sans proposer d’alternatives crédibles ni de solutions durables.

Ici, l’approche est tristement simpliste : on stigmatise l’individu qui pose un acte jugé inconvenant et on le condamne à une souffrance décuplée, dans un système qui méprise profondément son peuple. Ailleurs, dans les sociétés organisées, on examine le problème sociétal dans sa globalité et on le résout méthodiquement pour placer l’être humain dans des conditions de vie acceptables.

Ces solutions structurelles émanent de politiques cohérentes d’aménagement du territoire, d’urbanisme et d’habitat. Elles exigent un travail considérable, une abnégation sans faille et l’existence d’un contexte marqué par la justice sociale, l’équité et le respect scrupuleux des droits humains. En dehors de ce cadre vertueux, ce qui prévaut n’est qu’arbitraire et cruauté pure, auxquels l’homme africain semble parfois prendre un plaisir cynique, inhumain et abject.

Il est proprement inadmissible de constater que les services de l’État se complaisent dans une paresse institutionnelle chronique, déstructurant et détruisant leur propre administration publique, la rendant incapable d’assurer ses missions élémentaires, pour ensuite se réveiller sporadiquement dans une furie irrationnelle et matraquer les populations sous prétexte d’occupations anarchiques.

Il est tout aussi ridicule d’observer un gouverneur de province et un ministre provincial diriger personnellement des opérations de démolition sans présenter à l’opinion publique des plans alternatifs concrets ni des mesures d’encadrement visant à protéger les vies humaines et les biens mobiliers des personnes affectées. Indiquer vaguement un espace de terre éloigné aux squatters de Pakadjuma en leur demandant de se débrouiller ne constitue en aucun cas une politique digne de ce nom.

Il est également risible de voir une institution régalienne telle que le gouvernement provincial de Kinshasa mettre en œuvre, en plein XXIe siècle, un projet d’assainissement urbain dépourvu de toute mesure d’atténuation des impacts sociaux sur les populations concernées.

Prenons le cas emblématique de la concession de l’ONATRA : l’État a totalement abandonné une très vaste étendue de la concession technique SOCOPAO à Limété aux lotissements prédateurs créés par les puissants dans les années 1990, en signe d’un refus négroïde du développement industriel du transport ferroviaire. Pendant que l’on chasse impitoyablement les squatters de Pakadjuma de la concession de l’ONATRA, les dirigeants de cette même entreprise publique s’adonnent allègrement à la cession d’espaces de ses concessions à Gombe — la gare centrale, le port fluvial multimodal — à des projets immobiliers destinés aux nantis, comme si Kinshasa était saturée d’espaces disponibles pour de tels investissements.

Cette contradiction flagrante constitue la preuve irréfutable de notre incapacité collective à gérer rationnellement les secteurs stratégiques de l’urbanisme, du foncier et des infrastructures de transport.

III. LA PROBLÉMATIQUE DU DRAINAGE DES EAUX : UNE HYPOCRISIE INSTITUTIONNELLE

L’hypocrisie qui entoure la question du drainage urbain est tout simplement honteuse. Quel cadre technique du secteur des infrastructures dans ce pays oserait aujourd’hui présenter aux autorités un plan de refondation approfondie des systèmes de drainage superficiel et des réseaux d’égouts souterrains intégraux pour nos villes ? Et si une telle personne existait, qui l’écouterait sérieusement ? Qui porterait son projet avec détermination ?

Qui s’engagerait dans une telle entreprise dans cette atmosphère nationale saturée de bruits inutiles, de contradictions interminables, de haines fratricides, d’égoïsme endémique et de jalousies sans cause ni fin ? Les décideurs préfèrent invariablement les facilités des actions aléatoires et hors normes. Voilà la question centrale. Voilà le scandale permanent.

C’est la faiblesse manifeste de tout un peuple et de ses dirigeants, collectivement incapables de concevoir et de mener à terme des projets de développement d’envergure, avec grandeur, profondeur, splendeur et panache. Cette incapacité constitue la marque irréfutable du « complexe de la case africaine » qui traverse les siècles : petite, inconfortable, dysfonctionnelle, fragile et inesthétique, effrayée par la grandeur, la complexité, la solidité et la beauté des ouvrages et édifices modernes.

La preuve en est administrée par le caractère chétif, minimaliste et inesthétique des ouvrages du Programme de Développement Local des 145 Territoires (PDL145). Ainsi sommes-nous, nous les Congolais. Mais nous ne devons pas en rester là. Nous devons nous mobiliser, nous départir du moi étriqué — ces intérêts mesquins, ces détournements systématiques, ce graissage de pattes des autorités pour obtenir la protection politique des postes — et des raccourcis mortifères. Mais on sait combien certains gestionnaires du projet se sont enrichis, devennant des millionnaires, après des réalisations de basse qualité.

Lorsque nous avons conçu le projet de modernisation du Boulevard du 30 Juin en 2007, nous avions vivement recommandé dans les termes de référence la révision complète du circuit des égouts souterrains devant aboutir à l’exutoire final naturel qu’est le fleuve Congo, déversoir ultime du vaste bassin versant de la région de Kinshasa.

Mais non. On a remis aux entrepreneurs chinois la copie d’une simple esquisse de projet — même pas un avant-projet sommaire — et eux, pragmatiques, ont exécuté ce qu’on leur demandait. Les Chinois se sont probablement dit : « Vous êtes des clients qui ne savez pas précisément ce que vous voulez ; nous ferons ce que vous demandez ; le reste n’est pas notre problème. »

Résultat prévisible : les inondations sont apparues, transformant périodiquement le boulevard en fleuve. Ensuite, dans une logique incompréhensible, on vient implanter deux échangeurs sur ce boulevard d’à peine huit kilomètres sous prétexte d’atténuer les embouteillages. Cette approche frôle le crétinisme généralisé. Quel dommage immense. Quel gâchis monumental de ressources et d’opportunités.

IV. POUR UNE REFONDATION : REMETTRE L’HUMAIN AU CENTRE

En définitive, nous devons comprendre que tout part de l’homme, de l’être humain. Le développement et la gouvernance sont conçus pour créer et améliorer les conditions d’existence de l’homme. Dans ce pays, la République Démocratique du Congo, on prétend rituellement que l’homme doit être placé au centre des actions de développement, mais dans la pratique, on fait systématiquement le contraire.

Pour honorer véritablement cet engagement, il faut créer pour les populations des conditions d’habitat agréable, confortable, fonctionnel, solide — donc durable — et esthétique. Le reste suivra naturellement. L’habitat devrait donc constituer le centre de gravité des préoccupations gouvernementales.

L’urbanisme intervient pour structurer, harmoniser et rendre cohérent cet habitat, tout en lui préparant la voie pour son développement et ses expansions futures. L’aménagement du territoire, quant à lui, établit les connexions nécessaires, maintient les équilibres territoriaux et favorise la fraternité humaine.

Par conséquent, les occupations du sol doivent impérativement s’inscrire dans le cadre des plans d’habitat à grande échelle, élaborés sur la base des données démographiques rigoureuses et de prospectives globales de développement. L’urbanisme configure ensuite cet habitat selon des normes précises d’implantation, de fonctionnement et de cohérence spatiale.

L’aménagement du territoire apporte les infrastructures nécessaires — y compris les systèmes de drainage des eaux — et les équipements d’urbanisme indispensables : infrastructures administratives, équipements socio-communautaires, gestion environnementale incluant la salubrité publique. Ces éléments garantissent les connexions, les équilibres territoriaux et les conditions de convivialité humaine.

Mais qui, dans notre contexte actuel, peut écouter et faire appliquer ces principes fondamentaux sans déclencher des guerres politiques et des déchirements inutiles ? Car la mise à niveau des réseaux souterrains de drainage de Kinshasa représente une opération de très grande envergure, tant du point de vue des études préalables que des travaux à réaliser.

Il faut une préparation psychologique considérable pour que les autorités et les décideurs acceptent le coût réel et les exigences techniques d’une telle opération, qui s’impose aujourd’hui comme absolument indispensable, vitale et d’une extrême urgence. Il en va de la survie même d’une grande agglomération urbaine qui revêt une importance inestimable pour le développement du pays et son rayonnement dans la diplomatie mondiale.

La question n’est plus de savoir si nous devons agir, mais quand nous déciderons enfin de placer l’intérêt général au-dessus des appétits personnels. L’histoire jugera sévèrement ceux qui, ayant eu les connaissances et les moyens d’agir, ont choisi la facilité des coups d’éclat médiatiques plutôt que la noblesse du travail de fond.

Georges-Werber Batoa est expert en aménagement du territoire, urbanisme et infrastructures. Ancien Ministre Provincial de l’Aménagement du Territoire et des Infrastructures de la Province Orientale, il est reconnu comme un pionnier de la promotion de l’aménagement territorial en République Démocratique du Congo.

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