Le Conseil National de Suivi de l’Accord et du Processus Électoral (CNSA), réuni en session ordinaire sous la présidence de Joseph Olenghankoy Mukundji, a examiné mardi deux points principaux : la menace persistante à la paix et la situation des déplacés internes victimes de la guerre à l’Est du pays. Cette réunion, qui s’est tenue à l’immeuble du Cinquantenaire, s’inscrit dans le cadre du mandat confié à l’institution par la loi organique et l’Accord politique du 31 décembre 2016.
Sur la question de l’insécurité, le CNSA a exprimé sa vive inquiétude face à la multiplication des assassinats et violences à travers le pays. Plusieurs cas ont été cités, dont le meurtre du journaliste Fiston Wilondja Mukamba à Bukavu, l’assassinat du pasteur Kelly Bahati Kazibaziba, et la mort de la jeune Prescillia Mananasi à Kinshasa, tuée alors qu’elle tentait de protéger son père. L’institution dénonce également les attaques en pleine rue et les phénomènes de bandes armées, comme les Kulunas et le groupe Mobondo.
Face à cette situation, le CNSA a fermement condamné ces actes et exhorté le Gouvernement à garantir la sécurité des personnes et de leurs biens conformément à la Constitution. Il a recommandé des enquêtes approfondies pour identifier et arrêter les auteurs, et demandé une assistance particulière à la famille de Prescillia Mananasi en raison des circonstances jugées particulièrement cruelles de son meurtre. L’institution a également appelé l’AFC/M23 à respecter les droits humains dans les zones sous son contrôle.
Concernant la crise humanitaire à l’Est, le CNSA a indiqué avoir reçu le 25 juillet 2025 une délégation de 67 représentants des déplacés, composée notamment de religieux, professeurs et membres de la société civile. Ces derniers ont exprimé leur détresse face à la précarité et au sentiment d’abandon qu’ils subissent. Le Conseil a transmis au Gouvernement le mémorandum présenté par cette délégation et plaidé pour la mise en place d’un programme d’assistance humanitaire.
L’organe de suivi du processus de paix en RDC a insisté sur l’urgence de conclure les négociations de paix en cours à Doha et Washington, ainsi que sur la nécessité d’un dialogue national inclusif pour mettre fin au conflit. L’institution a invité l’Union africaine à appliquer les résolutions de la réunion conjointe de Nairobi afin d’harmoniser les processus de paix en République démocratique du Congo.






