La Dynamique des Jeunes pour le Développement du Maniema (DJDM) a récemment adressé une lettre de dénonciation au Vice-Premier Ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, dont une copie est parvenue à notre rédaction, tirant la sonnette d’alarme sur la situation explosive dans leur province.
La DJDM dénonce avec la plus grande fermeté ce qu’elle qualifie de « dérives » orchestrées par le gouverneur Mussa Kabwankubi Moïse. Les jeunes militants estiment que la province est en otage et accusent le gouverneur de trahir les principes de l’Union Sacrée de la Nation, la plateforme politique qui l’a porté au pouvoir.
Un gouverneur « kabiliste » qui méprise la vision du chef de l’État
Selon la DJDM, l’accession de Mussa Kabwankubi au poste de gouverneur n’est pas due à son mérite personnel, mais à un accord au sein de l’Union Sacrée de la Nation. Cependant, la DJDM affirme que le gouverneur agit en fidèle du régime kabiliste, en contradiction totale avec la vision du chef de l’État, Félix Tshisekedi.
La DJDM accuse Mussa Kabwankubi d’avoir saboté ses engagements en nommant à des postes stratégiques des membres de l’opposition, en particulier ceux liés au PPRD et à l’ancien Premier ministre Matata Ponyo. Ces nominations concernent notamment la Direction Générale des Recettes du Maniema (DGRMA) et d’autres services publics. La DJDM met en évidence une multiplication de taxes créant une évasion fiscale et une gestion opaque.
Un climat d’instabilité et des accusations graves
La DJDM ne s’arrête pas là. Elle dénonce une « désorientation manifeste » au sein même du parti au pouvoir, l’UDPS, avec des figures politiques manipulées par le gouverneur. Le ministre provincial du Budget, Oleko Lundu, et certains députés, comme Kibungi Mutanga Junior et Assani Os, sont accusés de complicité et de mener une campagne injustifiée contre le président de l’Assemblée provinciale du Maniema, Makonga T’hoboka.
Plus grave encore, la DJDM allègue que la stratégie de Kabwankubi a atteint le domaine de la défense nationale, semant la discorde entre les FARDC et les Wazalendo dans le Maniema. La dénonciation fait état de preuves qui existent et relaient plusieurs cris d’alarme lancés par des officiers Wazalendo sur les chaînes locales de Kindu. La DJDM accuse explicitement le gouverneur et son protégé, l’honorable Fefe, de corruption et de blanchiment d’argent, et même de faciliter l’infiltration du mouvement rebelle AFC/M23.
Détournements de fonds et gestion opaque des ressources
Le document de la DJDM conteste fermement la déclaration du gouverneur selon laquelle la province n’aurait pas les moyens de son développement. Qualifiant cette affirmation de « mensonge grossier« , la DJDM révèle que le Maniema produit chaque mois plus de 270 000 tonnes de cassitérite et d’autres minerais stratégiques. Elle soutient que ces ressources sont massivement détournées, et que l’argent collecté sert à déstabiliser les institutions provinciales, et notamment l’Assemblée Provinciale.
Un exemple frappant est donné concernant l’exploitation aurifère. Le gouverneur aurait sciemment falsifié les chiffres, déclarant une production de 350 kg d’or pour le mois de mars 2025, alors que des statistiques vérifiées feraient état de 723,14 kg pour un seul site. La DJDM souligne que plus de 329 autres organisations exploitent également l’or dans une opacité totale.
La DJDM dénonce également la mise à l’écart du vice-gouverneur, Katisamba Makubuli Corneille, réduit à un « figurant« , alors que la loi exige sa collaboration. La DJDM qualifie la gestion du gouverneur de « solitaire et chaotique ». Elle dénonce aussi les accusations calomnieuses contre le vice-gouverneur, un leader respecté du Nord-Maniema.
Appel à l’action et à la justice
La DJDM conclut son message par un appel solennel à toutes les autorités compétentes, demandant une intervention urgente pour « sauver la province du Maniema ». Elle invite les élus à la vigilance et au contrôle des perceptions illégales de taxes. La DJDM estime qu’il est temps de mettre un terme à la gestion « opaque et prédatrice » de Mussa Kabwankubi, un dirigeant qui, selon eux, sabote l’espoir du peuple du Maniema.
La DJDM conclut en lançant un appel pour que la justice soit faite, estimant que le Maniema est pris en otage et a perdu toute légitimité.
Tous nos efforts pour joindre la partie incriminée sont restés vains.






