Sous l’égide du Qatar, la République Démocratique du Congo et le mouvement rebelle AFC/M23 ont signé ce 19 juillet à Doha une déclaration de principes censée ouvrir la voie à un accord de paix global dans les prochains jours. Fruit de mois de tractations discrètes et des pressions multiples à l’image des USA, le texte engage les deux parties à rompre avec la logique de confrontation armée pour s’orienter vers une dynamique de dialogue et de réconciliation.
Sur fond d’une crise qui déchire l’Est congolais depuis plus d’une décennie, Kinshasa et l’AFC/M23 se disent désormais prêts à tourner la page. La déclaration rappelle leur attachement à l’unité nationale, à l’intégrité territoriale et aux valeurs de la Constitution congolaise. Plus qu’un simple engagement formel, il s’agit pour les deux camps de « dépasser les rancœurs du passé » et de construire une « coexistence pacifique durable », dans un climat régional toujours sous tension.
Au cœur du document : l’instauration d’un cessez-le-feu permanent, l’un des points les plus sensibles du processus. Les signataires s’engagent à interdire toute action militaire, toute propagande haineuse et toute tentative de redéploiement armé. Un mécanisme conjoint de vérification, en appui avec la MONUSCO et les dispositifs régionaux, doit assurer le respect de cette trêve, encore fragile sur le terrain.
Les mesures dites de « confiance » occupent également une place centrale : libération de prisonniers avec l’appui du CICR, retour sécurisé des déplacés, et surtout, restauration progressive de l’autorité de l’État dans les zones affectées. Le calendrier est clair : la mise en œuvre des engagements doit commencer avant le 29 juillet, avec l’ouverture des négociations directes dès le 8 août, en vue d’un accord final espéré pour le 17 août 2025.
Le texte signé à Doha s’inscrit dans la dynamique lancée par l’accord de paix entre la RDC et le Rwanda, paraphé à Washington fin juin. Salué par l’Union africaine et les États-Unis, le rôle du Qatar dans cette médiation est unanimement reconnu. Reste à savoir si cette déclaration marquera enfin un véritable tournant ou si, comme tant d’autres avant elle, elle sera rattrapée par les réalités du terrain.






