Dans un communiqué rendu public ce jeudi, l’Union Nationale de la Presse du Congo, UNPC, a exprimé ses inquiétudes suite à la décision du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication, CSAC, suspendant temporairement toute couverture médiatique des activités du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie, PPRD, et de ses membres, pour une période de 90 jours sur l’ensemble du territoire national.
L’acte réglementaire concerné, daté du 2 juin 2025, a suscité de vives réactions au sein de la corporation journalistique. L’UNPC, qui s’érige en autorité d’autorégulation des professionnels des médias en RDC, a exprimé des réserves quant à la légitimité et à l’étendue de cette mesure. Elle estime que le champ d’intervention du CSAC a dépassé le cadre classique de la régulation médiatique.
Dans son analyse, l’Union rappelle que toute régulation des médias repose d’abord sur la philosophie de la liberté d’expression, socle fondamental d’une presse libre. Elle insiste sur le fait que cette régulation doit être exercée a posteriori, après diffusion, et non en amont. Une régulation anticipée, souligne-t-elle, s’apparente à une forme de censure implicite, incompatible avec l’exercice libre du journalisme.
Par ailleurs, l’UNPC a mis en garde contre toute tentative visant à contraindre les médias à se conformer à une narration imposée, réduisant leur rôle critique et leur fonction d’analyse dans la société. Elle a rappelé que même en période de conflit ou d’agression, les restrictions à la liberté de la presse doivent rester encadrées et proportionnées.
Dans un contexte où les institutions de l’État plaident pour la cohésion nationale, l’Union s’interroge sur le bien-fondé d’une telle mesure, qui pourrait être perçue comme une stigmatisation des médias, assimilés à tort à des acteurs de la violence dans l’Est du pays.
Face à cette situation, l’UNPC appelle le CSAC à reconsidérer sa position, et à faire preuve de mesure et de discernement pour éviter une crise de confiance entre les organes de régulation et les professionnels des médias. Elle a également invité les journalistes à faire preuve de calme et de responsabilité, tout en poursuivant leur travail avec rigueur, en faveur de l’unité nationale et de la souveraineté de la RDC.






