Cinq élus du sous-comité sur l’Afrique de la Chambre des représentants ont adressé une lettre officielle à Massad Boulos, conseiller principal pour l’Afrique au Département d’État, exigeant des explications sur le rôle des États-Unis dans la résolution du conflit entre la République démocratique du Congo et le Rwanda.
Dans cette correspondance, les parlementaires saluent la récente déclaration de principes signée entre Kinshasa et Kigali, mais expriment de vives préoccupations concernant le manque de transparence entourant l’implication américaine, notamment dans le domaine économique et minier.
Les signataires dénoncent l’absence de garanties sur la manière dont les intérêts économiques américains, particulièrement en matière d’accès aux minéraux stratégiques congolais, sont conciliés avec les droits des communautés locales. Ils rappellent que le secteur minier en RDC, en particulier l’exploitation artisanale, demeure entaché de violations graves des droits humains, de travail des enfants et de dégradations environnementales.
« Nous demandons des engagements fermes pour que toute coopération respecte des standards éthiques clairs, tant sur le plan social qu’environnemental », écrivent-ils, en insistant sur la nécessité d’inclure les communautés locales et la société civile congolaise dans le processus de négociation.
Les élus pointent également le flou entourant les termes des éventuels accords bilatéraux, la répartition des bénéfices et les mécanismes de contrôle censés garantir une exploitation minière responsable, au service du développement régional et de la stabilité.
Autre point de tension : la réduction de l’aide humanitaire américaine en RDC, qui, selon les parlementaires, contraste avec les assurances précédentes du Département d’État. Alors que le pays fait face à une crise humanitaire majeure — avec plus de 21 millions de personnes ayant besoin d’assistance en 2025 cette coupe budgétaire soulève de profondes inquiétudes. Les élus redoutent une aggravation de la situation, notamment en matière de sécurité alimentaire, de santé publique et de protection des déplacés internes.
Enfin, ils réclament un briefing complet sur les négociations en cours, incluant les détails sur l’accès aux ressources, les acteurs impliqués, les programmes humanitaires encore soutenus, ainsi que les mécanismes de suivi et d’évaluation.
Selon des sources proches du dossier, un projet d’accord de sortie de crise regroupant les propositions de la RDC et du Rwanda a récemment été transmis aux deux gouvernements pour amendement. Une signature officielle entre les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame pourrait intervenir à la Maison Blanche à partir du 15 juin, marquant une étape cruciale dans les efforts de médiation pilotés par Washington.






