KINSHASA – Ce lundi, l’Assemblée nationale a franchi une étape décisive dans la diplomatie congolaise. Les projets de loi autorisant la ratification des accords de Washington ont été déclarés recevables à une écrasante majorité, avec 346 voix favorables sur 355 votants.
Un levier pour la stabilité régionale
Défendant ces textes devant la représentation nationale, la ministre des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a souligné que ce partenariat stratégique avec les États-Unis vise avant tout à poser les bases d’une stabilité durable dans la région des Grands Lacs. Face aux craintes de l’assemblée, elle a martelé la transparence de la démarche gouvernementale :
« Il ne s’agit pas ici d’un quelconque agenda caché. La démarche est claire : il s’agit avant tout de sauver et de créer des vies. »
Le soutien de la majorité : l’analyse de Patrick Matata
Au sein de la majorité présidentielle, l’importance de ces accords a été largement saluée. Patrick Matata, député national élu de Kisangani et membre de l’UDPS, a profité du débat pour clarifier les enjeux géopolitiques de cet acte. Selon lui, cet accord de paix agit comme un révélateur : en consolidant le partenariat avec Washington, la RDC expose l’isolement de ses adversaires. Pour l’élu de Boyoma, il est désormais « clairement établi que les marionnettes qui prétendaient défendre les intérêts congolais ne peuvent plus que se cacher derrière le Rwanda ».
Les doutes de l’opposition
Le débat n’a cependant pas manqué de piquant, l’opposition exprimant de vives inquiétudes sur la souveraineté économique. Célestin Moussao Kalombo Mbouyou, élu du Haut-Lomami (Ensemble pour la République), a pointé du doigt un « déséquilibre structurel » face aux multinationales :
- Les ressources nationales sont-elles réellement protégées ?
- L’avenir des Congolais est-il garanti dans ce cadre ?
Malgré ces interrogations sur la protection des richesses du sous-sol, la dynamique de la majorité a permis l’adoption des textes, ouvrant ainsi une nouvelle ère dans les relations sino-congolaises et américano-congolaises.






