Réuni en session ordinaire ce mardi 06 janvier 2026, le Conseil National de Suivi de l’Accord et du Processus Électoral (CNSA), sous la direction du président, Joseph Olenghankoy Mukundji, brise le silence et appelle à des mesures d’apaisement d’urgence vers un dialogue national inclusif, seule issue jugée viable, par le CNSA, à la crise que traverse la République Démocratique du Congo.
Dans sa communication officielle n°055 parvenue à TSHUKUDU NEWS, le CNSA dresse un tableau sombre de la situation nationale. Outre les souffrances indicibles causées par la persistance de la guerre dans la partie orientale du pays, l’organe de suivi s’inquiète d’une montée dangereuse de l’intolérance à l’intérieur des frontières politiques et sociales.
Le CNSA pointe du doigt la « multiplication des cas regrettables d’intolérance et de souffrance morale » touchant les acteurs politiques et les leaders d’opinion, un climat qui, selon l’institution, étouffe les chances de reconstruction du pays.
Pour Joseph Olenghankoy et les membres du CNSA, le Dialogue National Inclusif n’est plus une option, mais une nécessité nationale. Cependant, pour que ces assises soient un succès, le CNSA exige que les « cœurs et les esprits » soient d’abord pacifiés.
S’appuyant sur l’histoire du pays — de la Table Ronde de Bruxelles en 1960 (où la libération de Lumumba fut exigée) à l’Accord de la Saint-Sylvestre en 2016 — le Conseil rappelle que les grandes avancées congolaises ont toujours été précédées par des mesures de confiance mutuelle.
Pour créer un climat de confiance, le CNSA propose au Gouvernement et au Chef de l’État trois axes d’actions immédiates :
– Lutte contre les discours de haine : Une fin immédiate à toute forme de stigmatisation ethnique, régionale ou politique.
– Respect de la légalité républicaine : Le CNSA demande l’arrêt des enlèvements et rapts attribués à certains services étatiques, exigeant que toute enquête se déroule dans le strict respect du cadre juridique constitutionnel.
– Libération des prisonniers politiques : La libération des détenus d’opinion est présentée comme une étape essentielle pour restaurer la liberté d’expression et de pensée garantie par l’État de droit.
Dans la foulée, le CNSA n’a pas manqué de rappeler les obligations contractuelles liées à l’Accord de Doha entre le Gouvernement et l’AFC/M23, tout en saluant l’attachement du Président de la République à une solution politique, également souhaitée par les partenaires internationaux.
Le CNSA a annoncé qu’il entamera prochainement une série de consultations avec la classe politique, la société civile, les confessions religieuses et les autorités coutumières afin de recueillir les réflexions nécessaires à l’organisation de ce dialogue tant attendu.
L’objectif est de préparer avec « sérieux et intelligence » une sortie de crise durable pour une nation congolaise enfin pacifiée.






