À l’occasion de la journée internationale dédiée à la jeune fille, célébrée le 11 octobre, deux cents élèves filles du Complexe Scolaire Lubemba, dans la commune de Kisangani, ont bénéficié d’une importante séance de sensibilisation axée sur les violences basées sur le genre (VBG) et l’hygiène menstruelle.
Cette initiative a été menée par l’ASBL GRAPFF (Groupe de Réflexion et d’action pour la promotion des droits de la Femme et fille), avec l’appui technique de MSI RD Congo.
Lutter contre un double fléau

Mme Albertine Likoke, Coordonnatrice de l’ASBL GRAPFF à Kisangani, a souligné l’objectif de cette activité. « L’essentiel était d’informer la jeune fille élève qu’il y a plusieurs types de violences basées sur le genre et, précisément en tant que jeune fille, elle doit être au courant de ça et dire non aux violences qu’elle subit dans son milieu. »
Son intervention a mis l’accent sur les violences sexuelles (attouchements, viol, kidnapping), les violences physiques et les violences psychologiques ou émotionnelles. Le choix du Complexe Scolaire Lubemba est stratégique, comme l’explique Mme Likoke : « Il y a une particularité dans cette école, plus de 60% est constitué de filles. Et nous sommes dans la commune Kisangani où, sur le plan de la statistique, il y a beaucoup de cas de mariages précoces et de grossesses non désirées. »
Cette sensibilisation est la première d’une série que GRAPFF prévoit d’étendre dans les communes de Kisangani et de Kabondo, « où on a un taux un peu élevé des cas d’avortement clandestin puis mariages forcés et grossesses précoces », a-t-elle précisé.
L’hygiène menstruelle, gage de bien-être scolaire

La seconde partie de la session, animée avec l’expertise de MSI RD Congo, a porté sur l’hygiène et les cycles menstruels.
Difride Wawina, Chargée de communication de MSI RD Congo région Est, a expliqué la pertinence de ce thème : « La thématique de l’hygiène menstruelle est très importante dans la vie de la jeune fille parce que pendant la période de menstruité, c’est une période difficile pour la jeune fille si elle ne sait pas gérer ses émotions, si elle ne sait pas gérer ses menstrues. »
L’ONG a donné des conseils pratiques essentiels aux élèves, notamment la nécessité de changer de serviette hygiénique au moins trois fois par jour et deux fois la nuit, pour éviter l’accumulation de bactéries et les infections. « Cela va permettre à la jeune fille de se sentir à l’aise, en sécurité dans le milieu scolaire même étant pendant ces périodes de menstruité, et éviter des débordements », a ajouté M. Wawina. Les élèves ont également appris les bases du calcul de leur cycle menstruel.
Des élèves transformées
Les messages semblent avoir eu un impact immédiat. Anna Batile, élève en troisième science au Complexe Scolaire Lubemba, témoigne : « Sur cette séance, moi, j’ai retenu comment compter les jours durant un cycle menstruel. Et ce que c’est les violences physiques et les violences sexuelles. J’ai apprécié cette séance parce qu’on m’a montré comment fermer la bande hygiénique. »
« Je les remercie parce qu’elle nous a donné beaucoup de choses sur nous, ce qu’on ne savait pas auparavant », a-t-elle conclu, se faisant l’écho des deux cents jeunes filles désormais mieux armées pour se prendre en charge et dire « Non » aux violences.







