Depuis ce mardi 09 octobre la ville de Beni, déjà plongée dans le désarroi suite aux massacres qui durent déjà depuis 4 ans, connait une sorte de début d’infifada, avec des scènes similaires aux soulèvements des enfants palestiniens des années 80-90 : des milliers d’enfants sont dans la rue pour réclamer la paix. En face, les forces de l’ordre réagissent par des gaz lacrymogènes et des balles réelles. A la base cette montée de cette colère des élèves, la mort d’un préfet à OICHA et la fermeture de plusieurs écoles suite à l’insécurité. Ce mercredi 10, toutes les activités sont paralysées au centre ville de Beni: les enfants semblent déterminés. De leurs côtés, les autorités ont gardé la même fermeté. Déjà, une jeune de 15 ans fille atteinte d’une balle vient d’être acheminée à l’hôpital.
La vérité est que la situation de Beni provoque chez les habitant une colère mêlée de déception et surtout de désespoir.
Pire : les habitants ont de moins en moins confiance aux capacités, et même en la volonté des institutions à remettre la paix dans la région : Commencées à plus de 70 kilomètres de BENI, les opérations militaires contre les présumés ADF ont atteint le centre-ville de Beni. Ce qui a encore plus choqué la population, c’est depuis le 22 septembre l’absence de blessés, de morts ou de capturés ennemis après des heures d’affrontement à l’arme lourde qui se soldes toujours par des morts civils et militaires.
Sur qui tirent nos commandos, se demandent les bénitiens ? Tout ceci parait suspect aux yeux des habitants.
Et pour cause: A Beni, l’actualité est souvent macabre.
Ce mercredi matin, par exemple, un assaut populaire sur une concessions soupçonnée d’abriter des suspects a provoqué des tirs à balles réelles.
Peu de temps avant, le mardi, dans le territoire de Beni, les présumes ADF ont tendu une embuscade à MAYI MOYA, localité située entre OICHA et ERINGETI.Bilan : 8 morts, plusieurs blessés et 8 disparus.
Chose inquiétante, en plus des déplacements des habitants des quartiers en proie aux combats qui concernent presque toute la commune de Ruwenzori, on assiste à a des départs de plus en plus importants, même dans les parties les moins touchées de la ville de Beni.
Par ailleurs, des sources crédibles renseignent que des officiers de l’armée et des autorités conseillent secrètement à leurs proches de quitter Beni.
Comme il fallait s’y attendre, ces avertissement ont fait rapidement le tour de la ville et la conséquence, à l’aéroport comme aux autres points de sortie, le nombre de départ est en forte croissance, et les familles aisées sont les plus concernées.
La Rédaction






