Le secrétaire général de l’UDPS, Augustin Kabuya, a profité d’une matinée politique tenue ce samedi à Kinshasa pour adresser une salve de critiques à l’ancien président Joseph Kabila, dont le récent discours continue de susciter des remous dans le paysage politique congolais. Refusant à Kabila toute autorité morale ou politique, Kabuya a dénoncé une tentative de manipulation de l’opinion et est allé jusqu’à remettre en cause son identité nationale.
Cette déclaration radicale s’inscrit dans une dénonciation plus large du rôle de Kabila dans les crises actuelles que traverse la République démocratique du Congo, notamment à l’Est. Pour Kabuya, l’ancien chef de l’État est mal placé pour parler de démocratie ou de souveraineté. « Dans des pays sérieux, des gens comme Kabila ne pourraient même pas parler », a-t-il martelé, qualifiant de dangereuse l’influence que Kabila chercherait encore à exercer dans la vie politique nationale.
Revenant sur les relations passées entre l’UDPS et Kabila, Kabuya a reconnu l’existence de contacts étroits, tout en les justifiant par une stratégie calculée. « Je vous avais dit ici que Kabila est sérieux, c’était une façon de le caresser (…) on a mangé avec lui et habité avec lui. Nous avons pris le risque d’aller chez l’ennemi. J’étais avec lui à Kingakati, à GLM, tout ça, ce n’était pas parce qu’on l’aimait, on savait très bien que nous avions à faire à un sujet rwandais », a-t-il confié, en allusion aux compromis politiques du passé.
Kabuya n’a pas hésité à évoquer l’existence de complicités internes au sein même de son parti. « Joseph Kabila a ses sous-traitants au sein de notre parti, l’UDPS », a-t-il dénoncé, sans toutefois citer de noms. Pour lui, l’ancien président chercherait à affaiblir l’UDPS de l’intérieur, en s’appuyant sur certains cadres pour influencer les choix politiques et stratégiques du parti.
Ce discours offensif témoigne d’une crispation croissante entre l’actuel régime et l’ancien. Alors que la RDC fait face à des défis majeurs, notamment sécuritaires et économiques, l’affrontement verbal entre figures politiques de premier plan alimente un climat de méfiance et de polarisation, à l’approche d’échéances électorales ou institutionnelles sensibles.






