L’ancien président Joseph Kabila est arrivé dimanche soir à Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo, quelques jours après avoir annoncé publiquement son intention de se rendre dans la région. Ce déplacement intervient dans un contexte explosif, alors que le Nord-Kivu est partiellement contrôlé par la rébellion du M23 et que Kinshasa le soupçonne de liens avec ce mouvement armé. L’ex-chef de l’État affirme vouloir « voir de ses propres yeux » les réalités de terrain.
La présence de Joseph Kabila à Goma, sa première apparition dans la région depuis plusieurs mois, est interprétée par certains comme un défi lancé au pouvoir central. Avant son arrivée, l’ancien président avait accusé le gouvernement de « mesures arbitraires » à l’encontre des populations de l’Est, évoquant notamment des restrictions bancaires, des perturbations logistiques et une forme de stigmatisation sécuritaire. Dans une déclaration diffusée vendredi, il avait dénoncé une « punition collective injustifiée ».
La visite intervient alors que le Sénat a levé, début mai, l’immunité parlementaire de Joseph Kabila, désormais exposé à des poursuites judiciaires pour « atteinte à la sûreté de l’État » et « collaboration avec une rébellion armée ». Bien qu’il rejette ces accusations, l’ancien président se retrouve au cœur d’une tempête politico-judiciaire. Ses soutiens dénoncent une instrumentalisation des institutions dans le but d’éliminer un acteur politique influent, à l’approche des échéances électorales régionales.
À Goma, la population accueille la visite avec une prudente attention. Tandis que certains saluent un geste de solidarité avec les habitants de l’Est abandonnés par Kinshasa, d’autres craignent une escalade des tensions entre les institutions centrales et les forces présentes dans la région. Les autorités nationales, quant à elles, restent silencieuses. Observateurs et diplomates s’interrogent sur les conséquences de cette visite qui pourrait reconfigurer les rapports de force dans le pays.






