L’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, prendra la parole ce vendredi soir à 19h, moins de 24 heures après la levée de son immunité parlementaire par le Sénat. Ce discours, annoncé comme une « adresse à la nation », intervient alors que l’ancien chef de l’État fait désormais face à des accusations judiciaires lourdes, dans un contexte politique explosif.
Le Sénat a approuvé jeudi la levée de l’immunité du sénateur à vie par 88 voix contre 5. Cette décision ouvre la voie à des poursuites pour trahison, complicité avec une rébellion armée, le M23, et crimes de guerre. Les autorités judiciaires accusent Joseph Kabila d’avoir apporté un soutien logistique et politique à ce groupe rebelle actif dans l’Est du pays, théâtre d’un conflit persistant.
Ce n’est pas la première fois que l’ancien président annonçait une prise de parole. Il avait prévu une allocution publique depuis Goma, capitale provinciale du Nord-Kivu, avant de l’annuler sous pression du gouvernement. La présence de Kabila dans une zone partiellement contrôlée par le M23 avait été dénoncée comme une « provocation » par Kinshasa, qui l’avait aussitôt menacé de poursuites. L’ancien président avait quitté la région discrètement, sans autre déclaration.
Aucune réaction officielle n’a encore émané du gouvernement concernant cette nouvelle allocution. Les autorités ont toutefois renforcé la sécurité dans la capitale et dans plusieurs provinces de l’Est. Des chancelleries étrangères ont appelé à la retenue, tandis que les médias publics congolais se préparent à retransmettre l’intervention en direct, également annoncée sur les canaux numériques proches de l’ex-président.






