La ville de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, a été lundi le théâtre des affrontements sanglants entre les rebelles du M23 et les forces armées congolaises FARDC. Les rebelles, appuyés par le Rwanda, ont tenté de prendre le contrôle de la ville volcanique.
Cependant, les FARDC ont affiché une attitude de résistance farouche face à l’agresseur qui avançait vers les coins stratégiques de Goma. Une journée tendue et paralysée dans toute la ville. Héroïque, et sans commandement, l’armée a repoussé les rebelles. Récit d’une journée dure et effroyable à 7 points :
— La ville de Goma n’est pas tombée aux mains des rebelles, contrairement à l’annonce faite par le M23 depuis minuit dans la nuit de dimanche à lundi, et en dépit de certaines affirmations relayées par des journalistes.
— Très peu d’informations vérifiées circulent concernant la situation exacte. On sait toutefois que les FARDC (Forces armées de la République démocratique du Congo) ont repris le contrôle de la RTNC et de plusieurs points stratégiques. Cependant, la situation reste volatile, et les civils sont appelés à rester chez eux pour se protéger. Internet demeure coupé. Les autorités congolaises affirment que les FARDC contrôlent désormais « tous les points stratégiques de Goma ».
— Contrairement à 2012 et aux années précédentes, l’armée congolaise a refusé de battre en retraite. Elle livre peut-être l’une des batailles les plus héroïques de son histoire à Goma.
— Des villes rwandaises frontalières de la RDC, notamment Rubavu, ont été touchées par des tirs de roquettes, selon le colonel Ronald Rwivanga, porte-parole de l’armée rwandais. Selon plusieurs sources, il y aurait eu des incursions des FARDC. Le gouvernement rwandais confirme au moins cinq morts et 35 blessés dans ces incidents.
— Le Président Félix Tshisekedi a tenu ce soir une « réunion interinstitutionnelle », rassemblant les principaux chefs des institutions de la RDC (Sénat, gouvernement, Assemblée nationale et magistrature). Ce type de réunion précède généralement une déclaration de guerre, bien qu’aucune indication en ce sens n’ait été donnée pour le moment.
— Une mobilisation massive et spontanée a été observée dans plusieurs villes du pays, notamment à Beni, Bukavu et Kinshasa. Les populations sont descendues dans les rues pour dénoncer l’agression rwandaise, témoignant d’un sentiment nationaliste grandissant et d’un soutien affiché aux FARDC.
— Sur le plan international, le Rwanda fait face à une condamnation quasi unanime. Certaines grandes puissances ont élevé la voix de manière significative. L’Union africaine a convoqué une session de son Conseil de sécurité, tout en évitant explicitement de pointer le Rwanda du doigt.






