C’est un véritable ultimatum que le Comité Laïc Catholique a lancé au Secrétaire Général de l’ONU dans sa lettre du 22 aout 2018. En substance, le CLC exige l’inclusivité du processus électoral, le retrait de la machine à voter, l’application des mesures de décrispation politique, l’arrêt du harcèlement judiciaire et la correction du fichier électoral avant le 19 septembre. Le cas échéant, le CLC annonce des actions visant le départ de KABILA et demandera que le processus soit parachevé par des experts congolais agissant sous mandat de l’ONU et de l’Union Africaine.
D’emblée, la lettre du CLC commence pourtant par une note de satisfaction face au fait que KABILA ait accepté de se retirer de la course électorale, même si ceci est le fruit d’une âpre lutte qui a fait des centaines de morts. Cependant, regrettent les laïcs, le processus est loin de respecter l’Accord de la Saint Sylvestre qui en est le géniteur. En l’occurrence, le CLC dénonce l’exclusion de Moïse KATUMBI, l’annonce de celle de Jean-Pierre BEMBA et les tentatives d’écarter Félix TSHISEKEDI. Par ailleurs, les catholiques s’insurgent contre les avantages irrégulièrement accordés au candidat de la MP qui bat déjà campagne et intègre des délégations officielles du pays, notamment au dernier sommet de la SADEC.
Dans la foulée, le CLC condamne l’instrumentalisation des services de sécurité, celle de la justice et celle de l’administration, l’insuffisance de la décrispation politique et le harcèlement judiciaire dont sont victimes les membres des mouvements citoyens, sans compter les prisonniers politiques toujours détenus.
Enfin, la lettre regrette l’inféodation de la CENI au pouvoir, son refus de publier le fichier électoral, l’existence de millions d’électeurs fictifs et l’imposition de la machine à voter.
Pour les laïcs, tout ceci risque d’embraser le pays, voire la région.
En conséquence, ils demandent aux Nations Unies, à la SADEC et à la CIRGL en application de la Résolution 2409 et de l’Accord du 31/12/2016, qui exigent tous des élections crédibles, transparentes et inclusives en RDC, de s’assurer de la correction de toutes ces anomalies entachant le processus avant le 19 septembre 2018.
Passé cette date, le CLC « promet de mener jusqu’au bout son combat non violent en vue d’une alternance démocratique et pacifique, et puisque KABILA, son Gouvernement, la direction de la CENI sont devenus des obstacles majeurs à la tenues des élections crédibles en RDC, le CLC exigera de les décharger de leurs prérogatives et sollicitera l’ONU et l’Union Africaine pour que ces dernières assurent le parachèvement du processus électoral en collaboration avec une expertise congolaise exempte d’ambitions. »
La Rédaction





