Plusieurs figures de l’opposition politique congolaise, parmi lesquelles Moïse Katumbi, Delly Sessanga et Claudel Lubaya, ont publié une déclaration commune en réaction à l’accord de paix signé le 27 juin dernier à Washington entre la République Démocratique du Congo et le Rwanda. Tout en saluant la médiation américaine ayant permis la conclusion de cet accord, les signataires soulignent ses limites structurelles, estimant qu’il ne saurait à lui seul garantir une paix durable dans la région.
L’opposition critique en effet le caractère « partiel » de l’accord, qu’elle considère comme réducteur. En traitant la crise comme un simple différend bilatéral entre Kinshasa et Kigali, le texte ignorerait, selon eux, l’implication d’autres acteurs régionaux et ferait abstraction des causes internes profondes du conflit. Pour les signataires, une paix véritable ne peut être atteinte sans une approche globale prenant en compte la complexité multidimensionnelle de la crise congolaise.
La déclaration insiste sur la dimension interne de l’instabilité, évoquant une série de dysfonctionnements politiques : atteintes aux droits fondamentaux, régressions démocratiques, pratiques autoritaires, tribalisme, népotisme, corruption et détournement de fonds publics. Ces facteurs, jugés centraux par les opposants, seraient à la racine de la déstabilisation du pays et devraient faire l’objet d’un traitement prioritaire.
Face à cette situation, l’opposition plaide une nouvelle fois pour un dialogue national inclusif, sincère et piloté par des facilitateurs impartiaux tels que la CENCO et l’ECC. Elle soutient la résolution H. RES. 559 introduite au Congrès américain, qui appelle notamment à la limitation des mandats, au respect de la Constitution et à l’ouverture d’un tel dialogue. À l’inverse, elle rejette tout processus de dialogue initié par le pouvoir en place qu’elle juge biaisé, destiné à esquiver les vrais enjeux.
Enfin, les signataires mettent en garde contre les manœuvres du pouvoir visant à étouffer tout débat de fond. Ils dénoncent une volonté d’exclure certaines forces politiques, compromettant ainsi la possibilité d’un consensus national. Estimant que le régime actuel ne peut être à la fois juge et partie, ils appellent à une refondation du pacte républicain sur la base de la Constitution de 2006, seule voie, selon eux, vers une paix durable et une gouvernance légitime.






