L’ancien président sud-africain Thabo Mbeki s’est exprimé sur la situation en République démocratique du Congo, en particulier sur la polémique autour d’une éventuelle levée des immunités de l’ex-chef de l’État Joseph Kabila. Pour lui, cette initiative judiciaire ne répond pas aux véritables défis auxquels le pays est confronté.
« Enlever les immunités de Joseph Kabila ne résout aucun problème », a-t-il estimé, soulignant que les racines de la crise congolaise sont bien plus profondes et liées à des failles historiques dans la gouvernance nationale.
Selon Mbeki, le principal écueil réside dans l’absence d’une vision politique à la hauteur de celle des leaders de l’indépendance, comme Patrice Lumumba. Il regrette que les autorités congolaises successives n’aient pas su comprendre et transformer la complexité du pays pour tourner la page de l’héritage colonial. « Le Congo n’a pas bénéficié d’un leadership capable de penser le pays dans son ensemble, au-delà des divisions héritées », a-t-il affirmé.
L’ancien président a particulièrement dénoncé la persistance des clivages ethniques et régionaux, imposés par le passé colonial et toujours exploités dans la vie politique actuelle. À ses yeux, cette logique empêche toute pacification durable : « Si l’on continue à alimenter ces divisions, la paix en RDC restera inaccessible. Malheureusement, c’est ce qui se passe aujourd’hui », a-t-il averti.
Ces propos tranchent nettement avec la position de l’actuel président sud-africain Cyril Ramaphosa, qui affiche un appui affirmé à Félix Tshisekedi, notamment sur les dossiers de justice et de sécurité. Pretoria soutient ouvertement les efforts de Kinshasa contre l’impunité, y compris ceux visant d’anciens dirigeants. Ce contraste met en lumière des divergences au sein même de la classe politique sud-africaine sur la manière d’aborder la crise congolaise, entre mémoire militante et réalités diplomatiques contemporaines.






